Théma Matériaux : Équiper

Cette année, le théma Matériaux se déroulera en février. Le matériau qui nous réunira cette année est le cuir, et nous aurons la joie d'accueillir l'artisan sellier-harnacheur Mahé L'Hôte pour cette semaine du 18 au 22 février. Ce théma est directement en lien avec celui de l'année dernière,« Sex Plays! »qui avait abordé les sexualités de manière plus frontale. Cette année, nous nous questionnerons sur les pratiques corporelles au sens large, en tâchant d'investir les enjeux de la validité et du validisme.

Lanières diverses, boucles, sangles, straps… Autant d’objets et de typologies techniques du lien qui pourront ici composer un ensemble dans lequel puiser pour composer ces nouveaux récits. Dispositifs pour la sexualité, mais aussi éléments de maintien pour suppléer les faiblesses ortho-squelettiques, éléments de portage pour les enfants, objets du lien à l’animal… Les possibles sont nombreux. Par ailleurs, les cultures occidentales contemporaines du corps composent avec toutes sortes d’attachements pour mettre le corps au travail : ce sont les sangles qui se multiplient dans les cours de yoga et de fitness, mais aussi les straps prisés par les sportifs pour aider à la récupération ; enfin, les brides contraignent les corps dans les pratiques BDSM que nous évoquerons lors de la journée d’étude. Ce seront ces typologies d'objets et d'autres, que les étudiant/e/s seront amené/e/s à penser pendant la semaine, et dès le lundi avec la journée d'échanges ouverte au public.

Rendez-vous lundi 18 février à 9h30 pour la journée d'échanges, dans la salle D30 de la Maison de la Recherche (campus du Mirail). La rencontre est décrite dans le programme. La journée sera live-tweetée par les étudiant/e/s grâce au hashtag #Equiper et #masterDTCT.

Théma Vox Machines

Apparus dans des objets grands public depuis une dizaine d’année, le champ des « assistants vocaux » (Apple Siri, Microsoft Cortana, OK Google, etc.) a récemment été incorporé dans des objets « boîtes noires » autonomes (Amazon Echo, enceintes Google Now). Mi 2018, un américain sur cinq possédait une « enceinte connectée » et 50% des recherches en ligne se feraient dores et déjà à l’oral. Le récent succès de ces objets s’appuie sur une promesse de « fluidité » et de « transparence ». Or ces notions oblitèrent d’une part les considérables moyens techniques mis en œuvre pour faire fonctionner ces programmes, et d’autre part le fait que les langues humaines, tout comme les langages formels, sont elles aussi le résultat d’une construction sociale. Censées apporter plus de confort et de fluidité, les interfaces dites « ubiquitaires » ou « invisibles » annihilent toute réflexivité sur le fonctionnement des programmes car la médiation graphique entre le système technique et nos capacités de prise de décision a disparu. Cette journée d’étude et ce workshop proposent ainsi d’étudier les enjeux techniques, historiques, économiques, politiques et créatifs des « assistants vocaux » afin d’amorcer une analyse critique de ces derniers.

La journée d’étude “Vox Machines” s’est tenue le 10 décembre 2018 à l’université Toulouse – Jean Jaurès. 

Elle a réuni des conférences de Anthony Masure (maître de conférences en design, UT2J), Julien Drochon (designer d’interactions et enseignant à l’ÉSA Pyrénées), Nicolas Santolaria (journaliste), Estelle Hary (Designer à la Cnil, cofondatrice du studio Design Friction), Hubert Guillaud (journaliste,InternetActu.net), Clotilde Chevet (doctorante au Gripic, Celsa Paris), Pia Pandelakis (maître de conférences en design, UT2J) et deDavid Christoffel (producteur radiophonique).

Un compte rendu de la journée d’étude a été rédigé par Hubert Guillaud sur_ Internet Actu_ : partie 1 et partie 2

Les étudiant/e/s du M1 DTCT ont ensuite travaillé durant 4 jours de workshops, encadrés par Jean-Marie BlanchetJulien Drochon et Anthony Masure. Les projets et les conférences sont à retrouver plus en détails sur le site Web dédié

Théma Stranger Screens

On peut observer ces dernières années un intérêt pour les écrans non standards, notamment dans les domaines de l’architecture et des objets connectés (circulaires, triangulaires, plans ou en volume, etc.). Dans ce contexte foisonnant, quels usages repenser voire inventer ? Que peuvent les designers face au poids des habitudes et des normes du numérique ?

La journée d’étude “Stranger Screens. Déformer l’écran rectangulaire” s’est tenue le 22 janvier 2018 à l’université Toulouse – Jean Jaurès. 

Elle a réuni des conférences de Anthony Masure (maître de conférences en design, UT2J), Marcos Serrano (maître de conférences en IHM, IRIT, Team Elipse), Pourang Irani(professeur en IHM, université du Manitoba, Canada), Nolwenn Maudet/ (docteure en Design & IHM, Inria / Ex{Situ}), René Speranza (informaticien, fondateur de l’association Silicium), Raphaël Bastide(artiste et designer graphique) et de Louise Drulhe (artiste et designer graphique).

Les étudiant/e/s du M1 DTCT ont ensuite travaillé durant 4 jours de workshops, encadrés par Raphaël BastideLouise Drulhe et Anthony Masure. Les projets sont à retrouver plus en détails sur la page Web dédiée

Sex Plays!, les projets

Notre premier théma de l'année s'est terminé le 1er décembre 2017. L'occasion de découvrir 5 projets travaillés d'arrache-pied pendant une semaine par les M2... Ce post vous donne un petit aperçu de la semaine et de ses résultats.

Les recherches ont pu commencer mardi après-midi après une dernière conférence technique en matinée. Beatriz Higón nous a parlé des process engagés dans son entreprise BS Atelier.

Mardi soir, toustes ont leurs axes de réflexion et sont prête/e/s à modéliser des premières propositions en terre et plastiline. Bea, quant à elle, teste la réaction du silicone avec divers matériaux pour le moule. La plastiline ne donne pas les résultats attendus, il faudra donc mouler avec la résine plasticrète ou du plâtre.

Mercredi, les premières maquettes émergent, et se posent des problèmes d'échelle, d'usage... Le silicone impose un tempo particulier, les étudiant/e/s savent que la phase de test est compressée et qu'il faut vite "sortir" des propositions. Tout le temps du workshop, Irina Pentecouteau et Cécile Laporte, du duo candiD et étudiantes en master MEEF, épaulent les étudiant/e/s... tout en se livrant à leurs propres tests.

Jeudi : le jour le plus difficile des workshops ! Les moules s'effritent, se cassent, certaines modèles ne donnent pas les résultats attendus... La journée s'étire et c'est le Mx. Subi (voir ci-dessous) qui retient finalement le groupe concerné (Léa, Mahelle et Caroline), Bea et Pia jusqu'à 22h pour une coulée épique !

Vendredi, les étudiant/e/s paufinent les pièces, impriment leurs documents de présentation, photographient les maquettes et préparent les oraux. Les présentations commencent à 16h, parfois avec émotion car la semaine a été intense. La journée s'achève par une soirée d'adieu à Bea à l'Autruche, organisée avec l'appui de La Loge.

Le workshop aura donné lieu à 5 projets :

  • Pleasure in Disguise (Nolwenn & Alexis), un dispositif pour découvrir le plaisir grâce à l’envers de ses vêtements ; où l’occasion d’articuler silicone & textile, y compris sur des vêtements d’intérieur, qui se font kinky sans en avoir l’air.

  • Tickle (Camille, Nina & Fanny), une série d’objets permettrant de générer des sensations inattendues avec les doigts, la langue… Ces pièces à chausser étaient techniquement intéressantes dans la mesure où elles ont travaillé le silicone dans ses aspects les plus fins, avec des procédés longs et des risques de déchirures du matériau.

  • Plug To Plug (Antoine, Aurélien & Alexandre), deux plugs anaux qui questionnent la place du sexe anal dans les couples hétérosexuels. Dans la lignée des questionnements de la journée d’étude, il s’est agi de revisiter l’assignation de parties du corps à des symboliques passif/actif, masculin/féminin ;

  • Mx. Subi (Léa, Caroline & Maëlle), un plateau discret qui cache un scénario BDSM inattendu. Intégré à l’habitat, cet élément est le lieu d’une complicité entre læ “dom” et son “sub”, et peut constituer une amorce pour le sexe.

  • Fluid.e (Liz, Sarah & Laurie), une gamme d’objets pour découvrir des expériences sensuelles autrement que par la pénétration, en utilisant l’air, l’eau, le chaud, le froid…et une gamme d’objets adaptés exploitant le souffle ou la fraîcheur d’un glaçon.

Ce workshop s’achève et laisse place au workshop suivant, L’effondrement qui vient [2] qui se déroulera avec les m1 à Albi. Pour le prochain workshop de m2, rendez-vous en 2018 !

Sex Plays! : la conférence

Lundi 27 novembre 2017 s'est tenu à l'UT2J la conférence Sex Plays! introduisant le premier théma de l'année du master DTCT. Il s'agit d'aborder le thème du workshop à venir avec une variété d'intervenant/e/s expert/e/s dans leurs domaines. Sujet de l'année : les objets du sexe et les questions de design qui les animent... Nous avions pour cet événement un double partenariat avec l'entreprise BS Atelier et avec Elkem Silicons représentée par Maria Murcia.

La conférence a donc démarré avec une présentation de son organisateur*e, Pia Pandelakis, qui a précisé les enjeux du théma : adopter une stratégie de "queerisation" des usages pour penser les objets du sexe au-delà des normes qui les contraignent habituellement. Dès le début de la journée, les étudiant/e/s du CETIM ont attaqué les traductions simultanées pour notre designer invitée Beatriz Higón.

Cette présentation s'est poursuivie en fondu enchaîné avec Anthony Masure (enseignant-chercheur et membre de l'équipe mDTCT), avec qui Pia travaille régulièrement. Leur présentation constituait un retour sur un travail antérieur portant sur les sexbots (robots pour le sexe).

Alexandre Saint-Jevin, psychanalyste et enseignant en arts plastiques nous a ensuite parlé de l'histoire du sextoy, en connexion avec l'histoire de l'hystérie. Ses exemples ont permis de saisir l'importance des objets dans un univers fantasmatique et psychique.

La matinée s'est terminée par une présentation de Maria Murcia, qui a précisé les qualités techniques du matériau silicone, et plus précisément des échantillons apportés pour la semaine. Des démonstrations en direct ont permis au public de tester les qualités versatiles de ce matériau.

Les étudiant/e/s ont ensuite convié les invité/e/s à un buffet convivial dans leur salle.

L'après-midi a repris avec une présentation de notre designer invitée, Beatriz Higón, qui a parlé des articulations complexes entre militantisme queer et viabilité d'un atelier de design de sextoys. Il a été question de pièces précises, analysées par leur créatrice qui a discuté des méthodologies et processus de création engagés par BS Atelier, tout en évoquant la possibilité permanente du pink washing. Les étudiant/e/s du CETIM (master Traduction, Interprétariat et Médiation) ont été particulièrement sollicité/e/s à ce moment de la journée, devant traduire consécutivement les propos de Beatriz.

Élodie Lefebvre, sculpteure, a ensuite parlé de sa relation au matériau silicone dans un projet précis, Déposés. La relation entre l'organicité du corps et celle du matériau engagé a été ici questionnée et déployée.

Carmina a ensuite évoqué son expérience de journaliste au Tag Parfait et de vidéaste/camgirl/testeuse. Elle a évoqué une multitude d'exemples de sex toys existants et expliqué leur rôle dans les productions et interactions pornographiques.

Enfin, Camille Khoury a évoqué l'usage de dildos dans le contexte de la performance théâtrale avec la pièce Pâquerette de François Chaignaud et Cécilia Bengolea. L'évocation de la pièce lui a permet de parler du codage sémantique de l'anus, en évoquant les écrits de Guy Hocquenghem.

Une journée que nous avons quittée épuisé/e/s, mais plein/e/s d'inspiration pour la semaine de workshop qui a suivi !